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Place du diagnostic infirmier dans la Loi sur les infirmières et infirmiers Les conférence qui ont marqué le Congrès 2001: S'inspirer du présent pour forger l'avenir. L'infimière du Québec, janvier/février 2002 Les conférences qui ont marqué le Congrès 2000 L'infirmière du Québec, mars/avril 2001 Les classifications du savoir infirmier : Texte intégral de l'allocution de Francine Fiset, prononcée au premier congrès international des infirmières et infirmiers de la francophonie en novembre 2000. Le congrès était organisé par l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Les classifications du savoir infirmier : Il me fait plaisir de vous communiquer mes réflexions par rapport à cette question. En premier lieu, précisons que "théorie" origine du grec "theoria ": qui signifie action dobserver et "pratique" originant du latin "practice" signifie : activités volontaires visant des résultats concrets. Plus souvent quautrement on oppose la pratique à la théorie. Est-ce le cas en matière de classifications infirmières? Les classifications actuelles des diagnostics infirmiers, interventions et résultats qui vous ont été présentées ce matin par mes collègues, enseignantes en soins infirmiers, sont accessibles et disponibles en anglais bien sûr mais aussi en français et dans dautres langues. Le transfert de ces classifications dans le domaine des langages informatisés fait actuellement lobjet de travaux aux États-Unis. Lexistence de ces travaux conjoints entre infirmières et informaticiens nous a été confirmée lors de notre passage à la NANDA en avril 2000. Nous sommes donc dans une phase dactualisation très pratique des savoirs infirmiers et nous pourrions dire que tout est possible et facile en ce début du XXIème siècle. En effet les communications saccélèrent au rythme de lInternet, linformatisation nous rejoint dans notre vie quotidienne, les outils électroniques évoluent rapidement. Lagenda électronique sera bientôt remplacer par le " palm ". Les infirmières peuvent commencer à rêver de visites à domicile avec portable, le dossier de leur patient étant informatisé. Le télé nursing est à nos portes, mais du rêve de la réalité, quand nest-il? Dans un avis présenté au MSSS par lOIIQ, au printemps de cette année, il était constaté, et je cite : " Que le domaine clinique constitue, dans un contexte de rareté dinfirmières et de réorganisation clinique, "lenfant pauvre" du système de santé que lintégration de la technologie pourrait grandement améliorer. Il faut dons soutenir la pratique clinique, qui par sa contribution essentielle, constitue à elle seule, 30% des dépenses du réseau de la santé. Des outils supportant linfirmière dans sa pratique quotidienne comme les plans de soins, les protocoles, les techniques de soins, les plans denseignement à la clientèle, des cheminements critiques de suivi de clientèles visées sont autant doutils aidant à la prise de décision clinique." Alors poser la question est-ce possible dinformatiser ces outils de travail quotidien? Nous pouvons répondre oui si les moyens financiers et techniques sont mis à notre disposition et oui, si nous, infirmières, nous nous préoccupons dassurer le transfert des savoirs infirmiers dans les systèmes informatisés qui seront utilisés dans nos milieux de soins. Les classifications infirmières constituent, à ce jour les meilleurs instruments de transfert du savoir infirmier dans les banques de données informatisées. Comment intégrer les classifications infirmières à la pratique clinique, au Québec? Première constatation, il faut dabord sapproprier ces classifications. Si lenvironnement de travail sy prête, les infirmières deviennent plus à laise avec le vocabulaire des soins infirmiers. Je citerai à cet égard les conclusions dune recherche canadienne publiée dans la revue Nursing Diagnosis. Cette recherche effectuée dans quatre hôpitaux de lOntario, sur une période de 5 mois auprès de 65 infirmières, portait sur les facteurs associés à lutilisation des diagnostics infirmiers. Les auteurs constatent que lutilisation de plans de soins informatisés favorise une plus grande utilisation des diagnostics infirmiers. Il existe donc des avantages à linformatisation des soins, ce qui mamène à répondre à la question suivante. Quelle est la valeur ajoutée pour le patient, la profession et le système de santé? Dune façon globale nous pouvons répondre que lutilisation des classifications dans les banques de données informatisées suscitera, nous lespérons, une plus grande cohérence du réseau de soin et sans doute une meilleure compréhension du travail de linfirmière de la part des autres professionnels, ce qui devrait bénéficier au patient. Le travail des infirmières et les infirmiers sera davantage visible dans le système de santé. Il sera plus facile de faire valoir notre expertise. Notre système de santé est public et gratuit et les soins infirmiers coûtent cher selon les statistiques. Nous pouvons observer que le coût des interventions médicales peut être facilement codifié. Les médecins sont conscients de la valeur ajoutée dune évaluation clinique et dune prescription mais peu dinfirmières peuvent dire la valeur dune période denseignement de la médication au client ou dune intervention auprès dun enfant atteint de leucémie. Il en va bien sûr dun changement de mentalité à cet égard car en général le travail dune infirmière ne sévalue pas à lacte, un peu comme si tous les gestes posés séquivalaient. En conclusion Linformatisation représente une réalité incontournable. Toutes les sphères de la société sont touchées et nous nous en rendons compte tous les jours. Les soins infirmiers sont aussi touchés dans la pratique quotidienne. La technologie des communications informatisées est à nos portes et lenjeu principal est de réaliser que nous devrons communiquer ce que nous faisons pour le bien-être de nos patients. Et nous devrons le nommer à notre façon. Les professionnels de linformatique prendront ce que nous voudrons bien leur donner pour modéliser leur système dinformation en santé. Au Québec comme partout au Canada les compagnies dassurances et nos régies de lassurance- maladie ne prendront acte de notre présence dans leurs systèmes informatisés que dans la mesure ou nous nommerons les problèmes que nous traitons ainsi que les interventions infirmières essentielles à la résolution des problèmes que nous identifions. Si nous ne relevons pas ce défi, nous serons invisibles et absentes des lieux de décisions importants en matière de santé. Au Québec, notre défi réside principalement à sensibiliser les décideurs de nos institutions et les formateurs en soins infirmiers à la nécessité sinon lurgence de sapproprier ces instruments de communication que sont les diverses classifications en soins infirmiers. Il faut être conscient que nous y gagnerons et que notre participation est essentielle. Il sagit dun travail en constante progression et nous avons besoin de rallier toutes les infirmières préoccupées par la compréhension des phénomènes observés et répertoriés par les infirmières, praticiennes et chercheures. Dans ce domaine, la recherche et lexpertise clinique se rejoignent et le défi consiste à travailler ensemble dans la même direction. Les jeunes infirmières ont besoin de sentir que nous voulons entrer dans le vingt et une ième siècle avec les moyens adéquats pour leur permettre de relever les défis qui les attendent. Et finalement lunivers francophone nous interpelle aussi et nous avons le souci comme nos collègues européennes de trouver les bons mots pour dire les soins infirmiers. Ce défi à lANADIM, nous lavons relevé en collaborant à la traduction de lédition 1999-2000 de la classification de la NANDA publié chez Masson. Cest un pas de plus pour mieux nous connaître et nous comprendre. Francine Fiset |